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1/
Définitions et généralités
On appelle
métabolisme de base (ou métabolisme basal) la dépense énergétique d'un individu,
lorsque celui-ci est au repos complet, éveillé, au calme émotif, allongé depuis
au moins une demi-heure, à jeun depuis 12 heures, à une température ambiante
n'entraînant pas de dépense énergétique de thermorégulation (= zone de neutralité
thermique, autour de 18 à 20°C).
Le métabolisme
basal s'exprime en :
·
Calories, kilojoules ou watts par mètre carré de surface corporelle et par heure.
Le métabolisme basal des mammifères est de l'ordre de 40 kcal/m2/h.
L'extrapolation
du métabolisme basal sur 24 heures donne la dépense d'entretien ou dépense de
fond, qui peut s'exprimer en :
·
Calories (= grandes calories ou kilocalories) ou en kilojoules, par kilo de
poids corporel et par jour,
- Calories
ou kilojoules par jour (en prenant en considération le poids du sujet).
Une Calorie
(avec un c majuscule) est égale à 1000 calories (avec un c minuscule) soit 1
kilocalorie. Une calorie permet d'élever de 1°C la température de 1 g d'eau
pour passer de 14,5 à 15°C.
La Calorie,
qui exprime une quantité de chaleur, est par ailleurs égale à 4,1855 joules
(unité mécanique).
Les dépenses
énergétiques quotidiennes d'un sujet comportent donc celles dues au métabolisme
de base qui représentent 60 à 70% de la dépense énergétique totale, auxquelles
vient s'ajouter la déperdition d'énergie liée au travail musculaire, à la digestion
et à la thermorégulation (= maintien de la température interne du corps à 37°C).
2/
Détermination du métabolisme de base
On utilise
la calorimétrie indirecte, en chambre respiratoire, qui prend en compte la quantité
d'oxygène absorbée pour la respiration et la quantité de dioxyde de carbone
rejeté lors de l'expiration.
3/
Facteurs de variabilité
Le métabolisme
de base dépend :
·
du
poids
- de
la taille
- du
sexe
- de
l'âge
- de
l'état physiologique
- du
régime alimentaire
- de
l'activité physique
- de certaines
substances
a.
Variations en fonction du poids
Le
poids corporel est un facteur essentiel dans la détermination du métabolisme
de base. L'O.M.S. a proposé dans son rapport de 1986 des équations, basées en
outre sur l'âge et le sexe, pour prévoir le métabolisme basal d'un individu.
Dans le tableau ci-dessous, P représente le poids en kilos.
|
|
Equation pour un homme
(en kcal / jour) |
Equation pour une femme
(en kcal / jour) |
|
De 0 à 3 ans |
60,9
P - 54 |
61,0
P - 51 |
|
De 3 à 10 ans |
22,7
P + 495 |
22,5
P + 499 |
|
De 10 à 18 ans |
17,5
P + 651 |
12,2
P + 746 |
|
De 18 à 30 ans |
15,3
P + 679 |
14,7
P + 496 |
|
De 30 à 60 ans |
11,6
P + 879 |
8,7
P + 829 |
|
Après 60 ans |
13,5
P + 487 |
10,5
P + 596 |
Selon
ces formules, on obtient pour un homme de 35 ans, pesant 75 kilos, un métabolisme
de base égal à :
11,6
x 75 + 879 = 1749 kcal par jour ;
Et
pour une femme de 28 ans, pesant 55 kilos :
14,7
x 55 + 496 = 1304 kcal par jour.
D'une
manière générale, plus un individu est lourd, plus son métabolisme basal est
élevé.
- Variations
en fonction de la taille
Pour
permettre une prévision encore plus précise, l'O.M.S. a déterminé des équations
prenant en compte la taille du sujet, en plus de son poids, de son âge et de
son sexe. Dans le tableau ci-dessous, P représente le poids en kilos et T représente
la taille en mètres.
|
|
Equation pour un homme
(en kcal / jour) |
Equation pour une femme
(en kcal / jour) |
|
De 10 à 18 ans |
16,6
P + 77 T + 572 |
7,4
P + 482 T + 217 |
|
De 18 à 30 ans |
15,4
P - 27 T + 717 |
13,3
P + 334 T +35 |
|
De 30 à 60 ans |
11,3
P + 16 T + 901 |
8,7
P - 25 T + 865 |
|
Après 60 ans |
8,8
P + 1128 T - 1071 |
9,2
P + 637 T - 321 |
Selon
ces formules, on obtient pour un homme de 35 ans, pesant 75 kilos et mesurant
1,85 m, un métabolisme de base égal à :
11,3
x 75 + 16 x 1,85 + 901 = 1778 kcal par jour ;
Et
pour une femme de 28 ans, pesant 55 kilos et mesurant 1,65 m :
13,3
x 55 + 334 x 1,65 + 35 = 1318 kcal par jour.
D'une
manière générale, plus un individu est grand, plus son métabolisme basal est
élevé.
- Variations
en fonction du sexe
La
masse maigre (= masse active ou masse musculaire) entraîne une dépense énergétique
d'entretien huit à dix fois supérieure à celle engendrée par la masse grasse.
La
femme a une masse grasse plus importante que l'homme qui a, en contrepartie,
une masse maigre supérieure à celle de la femme. Ceci explique que les besoins
énergétiques d'un homme soient supérieurs à ceux d'une femme.
- Variations
en fonction de l'âge
Avec
l'âge, la masse grasse augmente tandis que la masse maigre diminue compte tenu
de la fonte musculaire et de la réduction de la taille des organes. Ce phénomène
naturel est d'autant plus marqué que les personnes vieillissantes ont une activité
physique moins importante.
- Variations
en fonction de l'état physiologique
Le
métabolisme de base correspond essentiellement, chez un sujet adulte en bonne
santé, aux dépenses énergétiques liées à la circulation sanguine et à la respiration.
Il diminue pendant le sommeil.
Jusqu'à
l'âge de 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons, il inclut la dépense
énergétique liée à la croissance.
Pour
la femme enceinte, il inclut la dépense énergétique liée à la gestation : cette
dépense énergétique supplémentaire peut augmenter le métabolisme de base jusqu'à
20%. Pour la femme allaitant, il inclut la dépense liée à la lactation.
Certains
états pathologiques augmentent les dépenses énergétiques liées à la réparation
tissulaire (grands brûlés, par exemple).
La
fièvre augmente le métabolisme basal de 7% par degré.
Enfin,
une anomalie de la fonction thyroïdienne se traduit par une élévation ou une
diminution anormales du métabolisme basal. Lorsque l'écart constaté dépasse
+10% ou -10% par rapport à la valeur moyenne, on est en présence d'une hyperthyroïdie
dans le 1er cas et d'une hypothyroïdie dans le second. C'est la thyroxine,
hormone thyroïdienne, qui est le facteur en cause : si l'on produit trop de
thyroxine, on maigrit ; si l'on n'en produit pas assez, on grossit.
Une
autre substance, l'adrénaline, hormone de la peur et du stress, augmente le
métabolisme basal. Nos émotions peuvent donc accroître notre dépense énergétique
dans des proportions importantes (jusqu'à 50% !) et doubler notre consommation
d'oxygène. Les dépenses liées à l'émotion ne sont pas chiffrables. Il est importante
d'en tenir compte cependant, puisqu'elles peuvent, par exemple, provoquer une
hypoglycémie chez le sportif en proie au trac lors d'une compétition, alors
que sa glycémie est habituellement bien équilibrée grâce à des apports alimentaires
étudiés.
- Variations
en fonction du régime alimentaire
Notre
organisme adapte ses dépenses énergétiques en fonction des apports. En cas de
sous-alimentation prolongée, le métabolisme de base diminue de façon à pouvoir
survivre "à l'économie". Ce phénomène d'adaptation fonctionne tout
autant dans le cas contraire : une suralimentation habituelle entraîne une augmentation
du métabolisme basal.
- Variations
en fonction de l'activité physique
Lorsqu'on
pratique une activité sportive importante plusieurs fois par semaine, le métabolisme
de base augmente de 5 à 10%, ce qui s'explique par l'accroissement de la masse
musculaire.
- Variations
en fonction de certaines substances
Les psycho
stimulants (caféine, nicotine) augmentent le métabolisme de base. Les sédatifs
et hypnotiques produisent l'effet inverse.
4/
Dépenses énergétiques dues au travail musculaire
Qu'elles entraînent
un mouvement ou non, les contractions musculaires sont responsables d'une forte
dépense énergétique qui peut être mesurée par l'étude de la consommation d'oxygène,
laquelle est proportionnelle au travail effectué.
En réalité,
l'énergie dépensée correspond non seulement au travail mécanique mais aussi
à l'adaptation de l'organisme à l'effort et à l'augmentation de la thermogenèse.
Le tableau
suivant montre la dépense énergétique moyenne correspondant à différentes activités,
en kcal / heure, par ordre décroissant.
5/
Dépenses énergétiques dues à la digestion
Lors de la
digestion, deux types de dépenses énergétiques sont cumulées : le travail digestif
lui-même et l'assimilation des nutriments.
La digestion,
dont le but est de nous apporter de l'énergie (entre autres), a un coût énergétique
variable en fonction de ce que nous mangeons, qualitativement (c'est ce que
l'on appelle l'action dynamique spécifique des nutriments ou ADS) et quantitativement.
Ainsi, lorsque
nous mangeons une ration riche en protéines, nous procédons à un gaspillage
énergétique important puisque notre dépense énergétique s'accroît de 3% pour
l'utilisation d'une ration glucidique, de 10% pour une ration lipidique et enfin
de 30% pour une ration protéique !
Pour un repas,
cette dépense correspond à une élévation de 20 à 30% du métabolisme de base
: elle commence dès le début du repas et se poursuit pendant 3 à 5 heures.
L'assimilation
des nutriments est responsable d'une libération d'énergie thermique, l'extra
chaleur post-prandiale (ECPP), qui n'est autre que cette sensation de chaleur
qui nous envahit après manger. Celle-ci peut contribuer à lutter contre le froid.
En revanche, dans un environnement chaud, il est préférable d'éviter un apport
excessif en protéines qui perturberait les efforts de thermorégulation de l'organisme,
notamment chez les jeunes enfants.
Puisque la
digestion induit des dépenses énergétiques, cela veut-il dire que si l'on fractionne
sa ration énergétique en 5 petits repas au lieu de 3 gros, on dépensera plus
d'énergie pour les digérer ? La réponse est oui. Il convient donc d'en tenir
compte tant chez les personnes dénutries, pour éviter le gaspillage énergétique,
que chez les personnes en surpoids, pour accroître les dépenses énergétiques.
Mais attention, fractionnement de la ration alimentaire ne veut pas dire grignotage
désordonné et ininterrompu…
6/
Dépenses énergétiques dues à la thermorégulation
Pour maintenir
notre corps à une température à peu près constante lorsque la température ambiante
n'est pas dans la zone de neutralité thermique, nous engageons des dépenses
énergétiques liées à la thermogenèse (= production de chaleur) ou à la thermolyse
(= perte de chaleur). Cette thermorégulation s'opère par divers moyens :
·
la
conduction, échange de chaleur entre notre peau et un solide, c'est le cas par
exemple lorsque nous réchauffons nos mains au contact d'un objet chaud ;
- la
convection, échange de chaleur entre notre peau et un fluide, par exemple
lorsque nous nous rafraîchissons en prenant une douche froide ;
- le
rayonnement, flux d'énergie émis et reçu par notre corps ;
- l'évaporation
cutanée, qui nous permet d'évacuer de la chaleur sous forme de vapeur d'eau.
Plus il fait chaud, plus la thermolyse par évaporation s'accroît.
Lorsque nous
luttons contre le froid, la thermogenèse s'accroît par le biais de l'augmentation
du tonus musculaire ajoutée à une vasoconstriction périphérique destinée à limiter
les pertes par conduction, convection, rayonnement et évaporation. C'est ce
qu'on appelle le métabolisme de sommet : il peut atteindre jusqu'à 5 fois le
métabolisme de base. Mais nous pouvons lutter plus efficacement encore contre
le froid grâce à l'exercice musculaire volontaire, lequel peut atteindre jusqu'à
15 fois le métabolisme de base, et cela tant que nous avons des réserves énergétiques.
Rappelons également que l'ECPP (voir plus haut) contribue à nous réchauffer.
Dans les pays
industrialisés, les dépenses énergétiques liées à la lutte contre le froid ont
beaucoup diminué, c'est pourquoi il n'est plus nécessaire de manger davantage
en hiver qu'en été…
Lorsque nous
luttons contre la chaleur, nous ne pouvons annuler la thermogenèse liée au maintien
de nos fonctions essentielles (respiration, circulation, etc.), c'est donc principalement
l'évaporation cutanée qui nous permet de nous refroidir : nous pouvons perdre
jusqu'à 10 litres de sueur par jour.
7/
Besoins et apports énergétiques
Un homme ayant
une activité physique réduite a des besoins énergétiques correspondant à son
métabolisme de base x 1,56.
Si son activité
est modérée : métabolisme de base x 1,78.
Si elle est
intense : métabolisme de base x 2,10.
En reprenant
notre individu de sexe masculin, mesurant 1,85 m et pesant 75 kg, nous obtenons
:
dans le 1er
cas : 1778 x 1,56 = 2774 kcal / jour ;
dans le 2nd
: 1778 x 1,78 = 3165 kcal / jour ;
dans le 3ème
: 1778 x 2,10 = 3734 kcal / jour.
Pour une femme,
le coefficient multiplicateur est égal à 1,56 dans le cadre d'une activité légère,
à 1,64 pour une activité modérée et à 1,82 pour une activité intense.
En reprenant
notre individu de sexe féminin pesant 55 kg pour 1,65 m, nous obtenons :
dans le 1er
cas : 1318 x 1,56 = 2056 kcal / jour ;
dans le 2nd
: 1318 x 1,64 = 2162 kcal / jour ;
dans le 3ème
: 1318 x 1,82 = 2399 kcal / jour.
Adultes
Enfants
| (en
kcal / jour) |
Hommes |
Femmes |
|
Activité réduite |
2100 |
1800 |
|
Activité habituelle |
2700 |
2000 |
|
Activité importante |
3000 |
2200 |
|
Activité très intense |
3500 |
|
| (en
kcal / jour) |
Garçons |
Filles |
|
De 1 à 3 ans |
1270 |
1270 |
|
De 4 à 6 ans |
1610 |
1610 |
|
De 7 à 9 ans |
1880 |
1880 |
|
De 11 à 12 ans |
2190 |
1950 |
|
De 14 à 15 ans |
2480 |
2140 |
|
De 16 à 17 ans |
2870 |
2140 |
8/ Conclusion
Tenir compte
de nos besoins énergétiques dans l'établissement d'une ration est indispensable,
mais la couverture de nos besoins énergétiques ne suffit pas à apporter à notre
organisme tout ce dont il a besoin. En effet, d'une part, les sources d'énergie
ne sont pas équivalentes (ce sujet fera l'objet d'un dossier prochainement :
"Les nutriments énergétiques") et, d'autre part, les besoins nutritionnels
d'un être humain sont si complexes que seule une alimentation diversifiée permet
de les couvrir, en apportant d'autres substances (eau, vitamines, minéraux,…),
qui ne sont pas énergétiques mais qui nous sont indispensables.
Merci au site Au régime
pour cette page
Muriel Finetin
Diététicienne Webmestre du site
La diététique en question