Votre enfant est-il surdoué ? Enfant précoce Partager
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Votre enfant est-il surdoué
?
Quelques idées sur l'éducation des enfants
en âge préscolaire
Prendre conscience que votre très jeune enfant est
surdoué peut vous perturber, surtout s'il s'agit de votre
premier né. Avec de la chance, vous connaissez peut-être
quelqu'un qui fera office de ressource, ou au moins vous aidera,
comme vous ferez face au challenge de son éducation. Si vous
avez encore plus de chance, ces personnes ou d'autres sources
d'information ( école, maîtresse, pmi..) pourront vous
donner la perspective qui vous permettra de détecter si votre
enfant a un développement plus rapide que la norme.
Identifier le surdouement chez les jeunes
enfants
Peut-être le premier conseil à suivre est-il de noter
et dater tous les développements de votre enfant, pas
seulement de la première fois qu'il s'assoit et de ses
premiers pas, mais aussi de toutes les étapes moins glamoures,
comme la première prise d'un objet avec ses doigts et son
pouce, sa première phrase à 2 mots, la première
fois qu'il a tourné les pages d'un livre, etc.
Un enfant peut se développer rapidement dans le domaine des
taches motrices, et peut être plus lent dans son avancée
cognitive. Bien sûr, les étapes individuelles ne
constituent pas, à elles seules, de bonnes bases pour
diagnostiquer le surdouement. C'est le cadre général de
développement dans toutes ces étapes, avec une bonne
prise en considération des facteurs culturels et de
personnalité, qui devront constituer la base du jugement. Cela
pris en considération, la table ci-dessous, qui montre les
étapes normales de développement, et celles
significativement en avance, peut être utile :
Etapes du Développement
Motricité :
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Développement Normal
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30% d'avance
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Se rouler par terre
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3 mois
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2 mois
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S'asseoir seul
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7 mois
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5 mois
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Se tenir bien debout seul
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11 mois
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8 mois
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Marcher seul
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12 mois
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9 mois
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Monter des marches
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18 mois
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13 mois
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Tourner les pages d'un livre
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18 mois
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13 mois
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Bien courir
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24 mois
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17 mois
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Sauter avec ses deux pieds
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30 mois
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21 mois
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Lancer une balle
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48 mois
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34 mois
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Sauter d'un pied sur l'autre alternativement
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60 mois
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42 mois
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Gribouiller spontanément
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13 mois
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9 mois
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Dessiner un corps en 2 parties
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48 mois
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34 mois
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Développement du langage:
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Vocaliser 2 sons différents
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2 mois 1/2
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1 mois 1/2
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Dire ses premiers mots
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8 mois
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6 mois
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Répondre à son prénom
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9 mois
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6 mois
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Babiller avec intonation
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12 mois
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8 mois
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Vocabulaire de 4 – 6 mots
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15 mois
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10 mois
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Nommer un objet
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18 mois
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13 mois
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Utiliser des phrases simples
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24 mois
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17 mois
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Les détails ci-dessus proviennent du livre de Harrison
(1995)
Harrison attribuant ses informations à Hall, EG &
Skinner, N (1980) "Somewhere to turn: strategies for parents of the
gifted and talented children". New York: Teachers College Press.
C'est dans les domaines cognitifs et sociaux du surdouement que
ces étapes sont les plus difficiles à définir.
En plus du développement du langage, Milner-Davis (1996)
suggère de prendre en compte chez l'enfant :
L'avance dans ses connaissances
L'avance dans ses pensées et ses raisonnements
Sa créativité particulière
Son humour et ses blagues
Sa spontanéité
Sa demande d'indépendance
Son besoin de compétition
Sa ténacité dans la réalisation des
tâches
Son avance dans la maturité sociale (comme dans sa
participation, ses invitations, ses rappels à l'ordre à
propos des règles, et son jeu de rôle)
Une réponse parentale
adaptée
Il a été dit que les parents de préscolaires
surdoués devraient juste faire comme tous les autres parents :
répondre aux besoins de leur enfant et à son
intérêt au fur et à mesure qu'ils
évoluent, et rester décontractés (i.e.
flexibles). (Le conseil qui suit généralement est de
profiter de cette période, car les problèmes ne
manqueront pas d'arriver dès la scolarisation !).
Quoique tout cela puisse bien être vrai, Milner-Davis
(1996) suggère que les besoins de son tout jeune
surdoué ne sont peut-être pas seulement des demandes de
matériels et d'activités enrichissantes, et que de plus
l'interaction avec les autres préscolaires et le personnel de
soin peut être très exigeante.
Par exemple un enfant peut avoir un besoin
d'indépendance à un âge où les autres du
même âge n'ont peut être pas envie d'être
dirigés ; cela peut occasionner une frustration intense
à moins que d'autres opportunités sociales se
présentent. Et les frustrations et les difficultés
peuvent très bien conduire à des problèmes de
comportement, comme l'autoritarisme, qui peut devoir être
corrigé.
Les problèmes avec les gardes de jours et les
arrangements préscolaires peuvent inclure ceux qui
sembleraient triviaux aux adultes impliqués. L'organisation si
pratique de lignes de petites toilettes sans privauté peut
offenser le sens de la dignité de quelques préscolaires
en avances (ou, au contraire, peut appeler le sens de l'humour des
autres). Certains enfants émotionellement matures peuvent
trouver les paroles des adultes offensantes. D'un autre coté
des enfants n'ayant plus besoin de sieste l'après-midi peuvent
considérer un trou dans l'emploi du temps comme un réel
problème.
Nous devons rechercher dans l'organisation des garderies la
même souplesse que celle dont nous avons besoin en tant que
parents. Cela inclut la liberté de contacts pour que les
enfants puissent trouver des challenges appropriés tant
physiques, sociaux que cognitifs. Cela inclut aussi que certains
matériels ne soient pas interdits aux enfants en raison unique
de leur âge. Les arguments pour une admission précoce ou
le passage d'un niveau à un autre s'appliquent tout autant
à la période préscolaire qu'à la
période scolaire.
Il y aura presque certainement des problèmes, et les
parents peuvent chercher à accuser les dysfonctionnements et
vouloir intervenir pour les résoudre. Cela pourrait ne pas
être sage. l'un des choix que les parents peuvent faire,
après avoir étudié la situation, est de choisir
de ne rien faire, et de laisser l'enfant affronter seul le
problème.
Les parents et d'autres adultes peuvent faciliter le langage
et le développement social en parlant avec l'enfant de ce
qu'il pourra rencontrer. L'enfant peut être encouragé
à étudier quelques solutions différentes et
à en prédire les conséquences.
Idéalement, ce procédé devient propre à
l'enfant, le parent se désengageant progressivement pour
laisser à l'enfant un outil puissant avec lequel il pourra
résoudre les problèmes qu'il rencontrera à
l'école, ou plus tard.
Les parents peuvent aussi utiliser des exemples de la vie de
tous les jours pour montrer comment des personnes différentes
peuvent avoir des opinions différentes, et toujours être
des personnes biens, et comment des variations de comportement et de
langage peuvent s'appliquer raisonnablement dans différentes
circonstances.
De nombreux enfants précoces se retrouvent en situation
d'échec scolaire, contrairement à ce que l'on pourrait
penser. Un article, paru dans "Marie-France", a constitué le
point de départ de cette étude.
Les fausses explications
Si la souffrance de l'enfant est trop évidente, la
responsabilité est rejetée sur l'environnement scolaire
: professeurs peu compréhensifs, voire sadiques, manquant de
conscience professionnelle, éprouvant une rancune
particulière à l'égard de leur enfant, et dont
les annotations montrent le manque total de psychologie. De fait, ces
enfants rencontrent parfois un mur opaque d'incompréhension
absolue.
L'histoire scolaire de l'enfant est souvent la même :
un primaire qui s'est déroulé sans problème,
l'enfant travaille peu à la maison, mais il a de bonnes notes,
il est dans les premiers. Il évite ainsi d'attirer
l'attention, car il se sent souvent déjà un peu
différent des autres, sans pouvoir définir cette
différence. On ne pense pas à lui faire sauter une
classe, puisqu'il n'est pas le premier et que le premier peine
parfois à se maintenir à cette place glorieuse. Donc
s'il passait une classe, il faudrait agir de même avec le
premier de sa classe qui ne pourrait suivre un rythme plus rapide,
alors personne ne passe.
L'échec du redoublement
La situation se dégrade très rapidement si un
redoublement est décidé, généralement
pour un motif absurde : il a manqué quelque temps pour raison
de santé, il pourrait améliorer son orthographe, ou
bien son écriture, avant d'aborder le secondaire, il peut bien
perdre un an puisqu'il n'est pas en retard, il manque de
maturité, terme général qui recouvre tout ce qui
le différencie des autres et qui lui convient d'autant moins
que ces enfants sont souvent très mûrs, mais on ne pense
jamais qu'il serait préférable de l'aider à
dépasser ce léger handicap incriminé, justement
pour lui éviter le redoublement.
Les parents hésitent à discuter. Ils craignent de
passer pour de mauvais parents qui préfèrent leur
ambition personnelle, projetée sur leur enfant, au bien de
celui-ci. Les heurts entre parents entêtés et
professeurs rigides peuvent être dramatiques, et les parents
finissent par se taire pour que leurs enfants ne pâtissent pas
davantage de cet affrontement.
Donc, ils n'osent pas insister et se rangent finalement à
l'avis des pédagogues, surtout s'ils estiment leur propre
niveau d'études trop faible pour discuter d'égal
à égal avec un professeur. Si leur niveau culturel est
bon, on dit qu'ils en profitent pour essayer d'impressionner un
professeur bien décidé alors à ne pas se laisser
manoeuvrer. L'argument le plus fréquent est que ce
redoublement va lui permettre " de consolider les bases ".
L'après redoublement
Ce choc, extraordinairement amplifié quand il s'accompagne
d'un redoublement estimé peu justifié, atteint
profondément le narcissisme indispensable à tout
développement harmonieux. Il va laisser une blessure grave, et
sans doute irrémédiable, dont les conséquences
ne sont pas immédiates ni évidentes. Parfois,
l'adolescent lui-même pense que ce redoublement n'est pas
mauvais, il aura été une année tranquille,
puisqu'il connaît le programme, il pourra retrouver un peu de
son brillant d'autrefois, tout en évitant un effort
épuisant pour lui qui en avait si peu l'habitude.
L'expérience nous montre bien que les résultats vont
aller en empirant, de façon irrémédiable, mais
personne n'en a encore tiré de loi générale, on
persiste à penser que le redoublement d'un enfant intelligent
lui fera du bien et lui apprendra à travailler comme les
autres.
Il existe, évidemment des professeurs et des directeurs
d'école qui savent reconnaître un enfant précoce,
mais ils n'ont pas toujours tous les pouvoirs nécessaires pour
faire admettre leur point de vue à leurs collègues.
Ils s'entendront répondre que d'autres enfants plus
réguliers dans leurs résultats, doivent être
favorisés, et qu'il serait injuste d'établir un passe
droit pour un enfant déroutant, qui est, de plus, un enfant
médiocre.
Donner le sens de l'effort dès le primaire.
Favoriser les techniques d'apprentissage telles que l'exercice de
la mémoire, les méthodes de travail et
d'organisation.
Analyser en profondeur les raisons de l'échec dès
qu'il apparaît sans le qualifier d'accidentel en pensant qu'il
s'agit d'un passage délicat, facile à surmonter.
Cette démarche, conduisant à l'identification de ces
enfants, devrait être systématique. Elle demande un
changement en profondeur, mais c'est le prix de leur équilibre
et la promesse d'une vie adulte harmonieuse.
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