Troubles du comportement alimentaire
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Troubles du comportement alimentaire
L'anorexie mentale

Il n'est pas rare que l'anorexie mentale concerne une adolescente boulotte qui
commence un régime… qui réussit trop bien. Puis, sans qu’on
sache trop à quel moment les choses dérapent, on passe d’un
phénomène de mode à une quête de pureté, voire
un rejet de toute corporéité.
L’anorexique lutte activement contre ses appétits.
Certaines, qu’on nomme anorexiques mentales restrictives, y parviennent
de façon continue ; d’autres, les anorexiques mentales boulimiques-vomisseuses,
sont parfois sujettes à des boulimies intensément culpabilisées
et ne parviennent à la maigreur qui les caractérise qu’en
se faisant vomir, en absorbant des médications laxatives et diurétiques,
parfois en très grande quantité, ou encore en se livrant à
une débauche d’exercices physiques.
Malgré l'absence de nourriture, l’anorexique reste
longtemps extraordinairement dynamique et active, ce qui explique qu’elle
puisse maigrir dans des proportions importantes avant que son entourage s’en
inquiète. La disparition des règles, ou aménorrhée,
est l’un des premiers symptômes. La minceur devient maigreur, puis
état de dénutrition.
L’évolution est variable. Dans 70 % à 80
% des cas traités, l’évolution se révèle globalement
favorable sur le plan du poids et du comportement alimentaire, quoiqu’on
puisse noter la persistance de troubles psychopathologiques tels que des difficultés
sexuelles et relationnelles, des troubles du caractère, des phobies,
des anomalies du comportement alimentaire, qui nécessitent une prise
en charge psychothérapique.
Mais il convient aussi de rappeler que l’anorexie mentale
peut se révéler une maladie mortelle. L’issue fatale survient
dans environ 5 % des cas.
La boulimie

La boulimie est officiellement reconnue dans la nomenclature psychiatrique internationale
à partir des années 1980. On réserve à partir de
1987, le diagnostic de Bulimia nervosa aux seuls individus boulimiques qui conservent
un poids aux alentours de la normale grâce à des comportements
compensatoires dont le vomissement provoqué est le prototype.
La jeune fille boulimique type donne souvent l’impression
d’être sûre d’elle-même. Derrière cette
apparence se cache quelqu’un qui doute profondément de soi, qui
ne s’aime pas, n’aime pas son corps, passe son temps à chercher
à complaire à ses interlocuteurs dans sa crainte de se faire rejeter
par eux.
Ou bien, dans d’autres cas, les troubles de la personnalité
apparaissent plus profonds. Ces boulimiques-là sont sujettes à
des passages à l’acte impulsifs: kleptomanie, nymphomanie, toxicomanie,
crises alcooliques, tentatives de suicide et actes de violence.
La crise boulimique se déroule le plus souvent dans
un état second, échappant totalement à la volonté.
Beaucoup se font vomir, ou utilisent des laxatifs à outrance, des diurétiques,
ou encore font de l'exercice physique outrancier. La boulimie peut encore être
compensée par des périodes de jeûne.
À la longue, les vomissements provoqués, l’abus
de laxatifs et de diurétiques provoquent des troubles métaboliques
qui engendrent un état de fatigue générale, une baisse
des performances intellectuelles, des crampes musculaires, des crises nerveuses,
des règles irrégulières. Les boulimiques souffrent aussi
de lésions irritatives de l’estomac et de l’œsophage,
de troubles intestinaux, ont les dents qui se déchaussent, perdent leurs
cheveux. Les variations brutales du poids engendrent fréquemment des
problèmes cutanés (vergetures). Une inflammation des glandes salivaires
(parotidite) donne parfois un faciès particulier. L’état
dépressif, fréquent chez les boulimiques, est certainement favorisé
par l’affaiblissement physique.
L'hyperphagie
Tandis que la Boulimique parvient à contrôler son poids tant bien
que mal par le vomissement provoqué ou d'autres méthodes, l'hyperphage
boulimique n'utilise pas de telles techniques et est donc la plupart du temps
en surpoids.
Selon les premières estimations, 20 à 50 % des
individus en surpoids qui consultent en vue de maigrir seraient sujets à
des troubles du comportement alimentaire de ce type.
Contrairement à l’anorexie mentale et la Bulimia
nervosa, l'hyperphagie boulimique serait de fréquence semblable dans
les deux sexes (on compte un homme anorexique pour neuf femmes, un homme boulimique
pour neuf femmes).
Les obèses hyperphages incontrôlés seraient
davantage préoccupés par la nourriture et par leur poids que les
obèses non hyperphages incontrôlés, toujours occupés
à se restreindre sans y parvenir, plus insatisfaits de leur physique.
Ils seraient aussi davantage perturbés psychiquement: on observerait
chez eux plus de dépressions, d’attaques de paniques et de manifestations
phobiques. Ils auraient enfin plus de troubles de la personnalité.
On ne peut à ce jour dire si leur surpoids est dû
aux comportements alimentaires aberrants, ou bien si au contraire le syndrome
d’hyperphagie boulimique résulte des efforts de restriction d’obèses
en mal d’amaigrissement.
Autres troubles
L'hyperphagie nocturne
Albert Stunkard, un psychiatre américain, décrit en 1955, sous
le nom de "Night eating syndrome", un comportement consistant en un
besoin impérieux de manger au cours de la nuit. L'individu se réveille
régulièrement au milieu de la nuit et ne peut se rendormir qu’après
avoir absorbé une copieuse collation, souvent ingurgitée dans
un demi-sommeil. Le lendemain matin, il ne lui reste que des souvenirs imprécis
de ce qu’il aura consommé durant l’épisode nocturne.
Il n'est pas rare que la personne souffre aussi de troubles
du sommeil: somnambulisme, apnée obstructive du sommeil.
On peut comprendre cette conduite comme un abandon du contrôle
favorisé par le relâchement nocturne. Toute la journée,
l'individu contrôle son comportement alimentaire; ce contrôle se
trouve mis en échec durant la nuit.
On a aussi noté divers troubles neuroendocriniens associés
à l'hyperphagie nocturne, qui sont autant de voies de recherches: élévation
amoindrie du taux de leptine nocturne et de mélatonine, augmentation
du cortisol plasmatique.
Les fringales de sucres
Décrit par R. et J. Wurtman en 1981. Il s'agit de fringales impérieuses
d’aliments exclusivement sucrés, qui pour les auteurs, s’apparenteraient
à une toxicomanie et s'expliqueraient par la recherche d'une augmentation
du taux de sérotonine cérébrale qui serait obtenue en ingérant
du saccharose. Mais des études complémentaires montrent que les
boulimiques et autres hyperphages incontrôlés sont fort rarement
avides exclusivement de sucres. Rappelons que les gâteaux, biscuits et
produits chocolatés sont plus riches en graisses qu’en sucres.
Les fringales de sucres ont aussi été évoquées
à propos de la dépression saisonnière, consistant en états
dépressifs débutant régulièrement en automne et
disparaissant au printemps, se manifestant par un ralentissement psychique,
de la fatigue, une augmentation du temps de sommeil, des fringales sucrées
et une prise de poids
La chocolatomanie

Les chocolatomanes sont volontiers sportifs, actifs ou hyperactifs, sociables,
et auraient tendance à intérioriser les conflits. Ils consomment
du chocolat dans les situations de stress ou de conflit interne. On a invoqué
différents modèles biochimiques pour expliquer cette appétence:
effet du sucre sur le taux de sérotonine cérébrale, la
phényléthylamine, précurseur de cette même sérotonine,
les effets bienfaisants du magnésium, tous présents dans le chocolat.
Ces différentes théories n'ayant pas pu être vérifiées,
on en revient à l'idée que c'est le plaisir sensoriel intense
engendré par le chocolat qui est à l'origine de son ingestion
en grande quantité.
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