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Amour et nourriture







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Amour et nourriture : deux appétits qui se rejoignent

* Refuser la nourriture, manger en cachette, succomber à toutes les gourmandises, engloutir des quantités d'aliments énormes, ne se sentir bien dans son assiette que lorsqu'on est dans un environnement sécurisant, tout ceci est peut arriver à chacun de nous, provisoirement. Mais si la fréquence ou les proportions de ces "dérives" augmentent au point de devenir notre pire obsession, il faut intervenir.

* Dès les premiers jours de notre existence, la nourriture que nous prenons est liée à l'amour. Ce n'est pas un hasard si le sein maternel est situé à la distance exacte qui permet aux yeux du nouveau-né de voir nettement le visage de sa mère. Lors de la têtée, l'échange entre la maman et le nourrisson est bien plus que le simple fait d'ouvrir un robinet qui donne du lait. La chaleur, l'odeur, la douceur, les caresses, les regards, font partie de ce moment de bonheur intense où tous les besoins de l'enfant sont comblés.

* C'est aussi autour et à travers la relation à la nourriture que nous faisons nos premiers pas dans le domaine de la communication et que nous recevrons des félicitations parce que nous avons ouvert la bouche devant le chargement de la petite cuiller, ou parce que nous avons maîtrisé l'art délicat de porter à sa bouche l'aliment sans s'en barbouiller et sans le jeter par terre ou l'écraser dans sa main pour tester les lois de la gravité ou de la résistance des matériaux !

* La nourriture ne fait pas que nous nourrir ; elle est symbole, elle est moyen d'expression, moyen de séduction, moyen artistique, moyen de récompense ou de punition, elle est si souvent au coeur de notre affectif, elle nous est si proche et si familière que nous en oublions qu'elle sert aussi, et avant tout, à nous nourrir...

* Nous avons tous une relation affective avec les aliments. Et comme toute relation affective, elle peut être plus ou moins épanouie et traverser des périodes difficiles, des crises et des réconciliations.

* Ce qui importe vraiment, lorsqu'on a le sentiment d'avoir perdu pied, de ne plus avoir de repère par rapport à notre façon de nous alimenter, c'est de reprendre conscience du fait que nous utilisons la nourriture pour exprimer quelque chose que nous n'avons pas trouvé le moyen, ou parfois le courage, d'exprimer autrement.

* Si les êtres humains se sont inventé une peur du loup, ou une peur du croque-mitaine, ou une peur du crocodile caché sous le lit, c'est surtout pour mettre un nom sur une peur irrationnelle, pourtant propre à l'espèce. Eh oui, l'homme est un animal angoissé. C'est peut-être d'ailleurs pour cela qu'il est si intelligent.

* Dans la vie, il y a des tas de raisons d'avoir peur, ou d'être en colère, ou d'être frustré, ou encore de se sentir coupable. Des bonnes et des mauvaises raisons. Mais qu'elles soient bonnes ou mauvaises, le sentiment qu'on éprouve, lui, est bien réel. Si je ne sais pas de quoi je me sens coupable, alors il faut que je fasse quelque chose qui légitimise mon sentiment de culpabilité. Si je ne sais pas pourquoi je me déteste, je dois me rendre détestable à mes propres yeux en faisant quelque chose de détestable. Alors, bien que je souffre des effets du subterfuge employé, je suis en même temps soulagé car enfin j'ai identifié ma peur, qui de ce fait, devient nettement moins effrayante...

* Parfois, la crise se résout toute seule, ou s'atténue avec le temps et on arrive à cohabiter avec soi-même assez facilement, donc à avoir une relation assez harmonieuse et satisfaisante, dans l'ensemble, avec la nourriture. Mais d'autres fois, le temps ne peut rien pour nous car la blessure qui nous fait souffrir ne parvient pas à se refermer d'elle-même, alors pour pouvoir cicatriser, il faut déjà accepter de porter les yeux sur cette blessure et décider de la soigner. Si on veut vivre comme si elle n'existait pas, on continue à souffrir. Décider de soigner sa blessure pour retrouver une relation constructive et agréable avec la nourriture, c'est décider de ne plus exprimer sa souffrance morale à travers son comportement alimentaire, mais de libérer ses émotions par la parole, par la prise de conscience, par tout un travail psychologique dans lequel nous allons pouvoir progresser, généralement avec l'aide d'un psychothérapeute.

* Il y a deux types de personnes qui consultent un(e) diététicien(ne), les gens qui ne savent pas comment manger de manière adaptée à leurs besoins, et les gens qui ne savent pas pourquoi ils mangent d'une manière qui n'est pas adaptée à leurs besoins. Ce n'est pas toujours facile de savoir à quelle catégorie on appartient mais accepter d'envisager les deux hypothèses permet déjà de poser le problème de façon à pouvoir y apporter la ou les solutions appropriées.


M.Finetin




 





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